reynes delobel anne imera iea aix marseille universite 2026 2027 scaled

Anne Reynes-Delobel

Disciplines : Littérature
Poste et institution de provenance : Professeure des universités, Laboratoire d’Études et de Recherche sur le Monde Anglophone (LERMA UR853), Aix Marseille Université
Type de résidence : amU fellow en congé-recherche
Chaire : Congé-recherche
Programme de recherche : Dialogues Interdisciplinaires
Période de résidence : Septembre 2026 – Février 2027

Projet de recherche

Modernités transitives

Résumé du projet

Ce projet, qui croise la littérature, les arts visuels et l’histoire de l’art, fait suite aux travaux d’un collectif international lancé en 2021 dans le cadre de l’alliance européenne CIVIS. Il porte sur l’élaboration d’un outil méthodologique permettant de revisiter les productions littéraires et artistiques modernistes des débuts du XXe siècle en mettant l’accent sur les pratiques par le biais d’une approche sociohistorique et matérielle visant à faire émerger des relations inédites. En portant les pratiques modernistes au point de friction avec divers contextes reflétant la pluralité des modernités, l’enjeu est d’envisager le modernisme comme un phénomène culturel débordant les espaces socioculturels et géographiques qui lui sont traditionnellement assignés pour faire surgir des convergences et des divergences aux travers desquelles le proche et le lointain s’éclairent mutuellement.

L’hypothèse qui sous-tend cette entreprise est que la littérature et les arts visuels, compris non seulement comme des disciplines académiques, mais aussi comme des pratiques « ordinaires », sont intrinsèquement « transitifs » car ils permettent d’aborder la singularité de chaque contexte, et, plus largement, les conditions matérielles, sociales et politiques dans lesquelles l’art existe. Or, resituer ces objets culturels au sein de relations réticulées, souvent complexes et parfois contradictoires, demande une analyse méticuleuse et nuancée des acteurs, des facteurs et des effets, qui revivifie notre attention au champ littéraire et artistique comme espace de pouvoir et au geste créateur comme production d’affects, de figures et de symboles. L’emploi novateur du terme de « transitivité », inspiré de ses racines grammaticales, s’accorde à la volonté, au cœur du projet, de porter une attention accrue à la multiplicité des acteurs et des relations de dépendance qui entrent en jeu dans les pratiques culturelles.

Dans le cadre de ce projet, trois actions concrètes seront envisagés.

Complexifier et nuancer notre approche de certains phénomènes contemporains

La première vise l’élaboration d’un outil méthodologique qui servira de guide aux futurs travaux du collectif, ainsi que de base du dialogue entre différentes disciplines, et avec les acteurs du monde de la pratique. En partie fondé sur des travaux antérieurs du collectif, cet outil proposera une réévaluation de certaines notions (comme celles de l’exil ou de la diaspora), approches et circulations (des objets culturels). Il sera rendu disponible sur le carnet Hypothèses OpenEdition et accompagné d’entretiens de chercheurs diffusés en podcasts.

Élargir l’ouverture disciplinaire du projet

La seconde action a pour but de chercher à élargir l’ouverture disciplinaire du projet au-delà de la littérature, des arts visuels et de l’histoire de l’art. À partir de recherches dans les textes théoriques et de rencontres avec les spécialistes de l’histoire culturelle et de la sociologie et de la géographie des transferts culturels, il s’agira d’intensifier les échanges interdisciplinaires en réfléchissant à la manière dont les humanités peuvent participer de manière plus active aux échanges sur les circulations internationales des œuvres et des idées. Le concept de transitivité pourra servir de base aux discussions.

Appliquer ces travaux à la recherche participative

La troisième action a trait à l’application des recherches sur les modernités transitives à une recherche participative permettant de tester de manière concrète la portée sociale du projet. Cette recherche, portée par un financement MSCA-SE Parti-CIVIS fédère une partie du collectif « Transitive Modernities » autour d’un projet de recherche fondé sur la communauté intitulé « Imagining Community Together » qui vise à retracer l’histoire des circulations et productions culturelles transeuropéennes et transatlantiques générées par un réseau international d’artistes et d’écrivains liés à la Lacoste School of the Arts, à Lacoste (Vaucluse), entre 1971 et 1991, en vue de la production de connaissances. L’objectif est de préserver de manière collective, inclusive et créative la mémoire de formes d’être-ensemble en passe d’être effacées sous la pression de divers facteurs (notamment liés à la progression de l’individualisme et la place grandissante donnée à la valeur marchande des échanges et circulations culturels) qui ont bouleversé de manière inéluctable le paysage culturel ces trente dernières année.

Biographie

Anne Reynès-Delobel est professeure des universités à Aix Marseille Université et membre du Laboratoire d’Études et de Recherche sur le Monde Anglophone (LERMA UR853). Son travail explore les circulations et les réseaux des avant-gardes littéraires et artistiques modernistes transatlantiques dans l’entre-deux-guerres en vue d’en faire émerger des aspects méconnus ou ignorés. Depuis 2021, elle coordonne avec Stamatina Dimakopoulou (NKUA) le projet de recherche « Transitive Modernities » (CIVIS/LERMA). Elle est membre fondateur de la Banjo Society Claude McKay et présidente de la Kay Boyle Society (American Literature Association).

Parmi ses publications récentes : « Un exemple de changement médiologique en acte : le  “readie” de Robert Carlton Brown », Polysèmes [En ligne], 33 | 2026 ; « ‘What’s inside a waiter?’ Medium and Contingency in Tender is the Night. » In: F. Scott Fitzgerald. 100 years after Gatsby, Pascale Antolin (dir.), Presses Universitaires de Bordeaux ; (avec B. Tadié) « Passeurs de la littérature américaine en France, 1917-1967 », transatlantica 2, 2022 ;  (avec C. Cottenet & B. Tadié), Investigating Big Magazines. Journal of Modernist Periodical Studies, 11-1, 2020.

Appels à candidature

Les résidences de recherche que propose l’Iméra, Institut d’études avancées (IEA) d’Aix Marseille Université, s’adressent aux chercheurs confirmés – académiques, scientifiques et/ou artistes. Ces résidences de recherche sont distribuées sur quatre programmes (« Arts & sciences : savoirs indisciplinés », « Explorations interdisciplinaires », « Méditerranée » et « Utopies nécessaires »).