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Judit Garzón Rodríguez

Disciplines : ArchéologieÉgyptologieMuséologie
Poste et institution de provenance : Chercheuse postdoctorale
Type de résidence : Résidence annuelle
Chaire : FIAS fellowship Programme, soutenu par le programme de recherche et d'innovation Horizon 2020 de l'Union européenne dans le cadre du contrat Marie Skłodowska-Curie n°101217263
Programme de recherche : Arts & Sciences : savoirs indisciplinés, Méditerranée
Période de résidence : Septembre 2026 – Juin 2027

Projet de recherche

Echoes of the Nile. Reconstruire les biographies d’objets au Musée d’Archéologie Méditerranéenne grâce aux méthodes numériques

Résumé du projet

Les objets comme voyageurs de la Méditerranée

Dans toute la Méditerranée, les objets ont constamment été en mouvement – transportés à travers les mers, échangés entre les cultures, collectés, réinterprétés et recontextualisés au fil du temps. Aujourd’hui, les musées rassemblent un grand nombre de ces trajectoires en un seul lieu, où sont exposés côte à côte des artefacts provenant de mondes historiques très différents. Pourtant, derrière chaque objet se cache une histoire bien plus longue et complexe que ce qui est visible dans la galerie du musée.

Que peuvent nous apprendre les objets égyptiens anciens si nous suivons leur parcours à travers le temps, l’espace et les cultures ?

Le projet Echoes of the Nile explore cette question à travers une étude ciblée d’objets égyptiens conservés au Musée d’Archéologie Méditerranéenne de Marseille. Plutôt que de considérer les objets de musée comme des vestiges statiques du passé, cette recherche les aborde comme des voyageurs aux biographies longues et complexes – des objets qui se sont déplacés, ont changé de signification et ont été réinterprétés au cours de milliers d’années. Suivre ces trajectoires signifie prêter attention non seulement à l’origine, mais aussi à la transformation. Les objets peuvent changer de signification lorsqu’ils passent entre différentes mains, institutions et contextes historiques. Un artefact peut commencer son existence dans l’Égypte ancienne dans le cadre d’un rituel, d’une sépulture ou d’une pratique quotidienne, avant d’entrer dans des réseaux de circulation, de collecte et d’interprétation très différents à des périodes ultérieures. Chaque étape ajoute de nouvelles couches de signification, tout en occultant parfois les précédentes.

Au cœur du projet, l’égyptologie, les études muséales et les sciences humaines numériques sont réunies pour repenser la manière dont nous racontons des histoires sur le patrimoine culturel, en passant d’artefacts isolés à des histoires interconnectées.

Histoires culturelles enchevêtrées

Le projet est fondé sur l’idée d’histoires méditerranéennes enchevêtrées, où les objets sont considérés comme faisant partie de zones de contact plus larges, façonnées par le mouvement, l’échange et la rencontre.

Dans ce contexte, Marseille joue un rôle clé. Ville portuaire façonnée par les mouvements maritimes, les migrations et les échanges culturels, elle a longtemps fonctionné comme un nœud au sein de réseaux méditerranéens plus vastes. Le Musée d’Archéologie Méditerranéenne reflète cette histoire, en rassemblant des objets dont les trajectoires couvrent différentes régions et moments historiques.

Depuis leur création dans l’Égypte ancienne jusqu’à leur présence dans un musée méditerranéen aujourd’hui, ces artefacts sont passés par de multiples contextes d’utilisation, de perte, de récupération, de collection et d’exposition. Plutôt que de suivre un chemin linéaire unique, leur histoire est stratifiée et fragmentée.

Le projet est guidé par une série de questions interdépendantes émergeant de ces trajectoires, telles que la manière dont les objets changent lorsqu’ils se déplacent entre les cultures, ce que leurs voyages révèlent sur la Méditerranée en tant qu’espace de connexion et d’échange, et comment les musées comme celui de Marseille contribuent à façonner notre compréhension de ces histoires enchevêtrées. En ce sens, les objets égyptiens sont étudiés dans le cadre de processus historiques plus larges de mobilité, de collecte, d’interprétation et d’encadrement institutionnel en Europe.

Echoes of the Nile vise à repenser notre rapport aux objets anciens aujourd’hui. En suivant leur biographie à travers la Méditerranée, le projet révèle non seulement l’histoire des objets, mais aussi celle des personnes, des lieux et des idées qu’ils relient.

Suivre les biographies d’objets à l’aide de méthodes numériques

Le concept central du projet est la biographie des objets : l’idée que les artefacts ont des histoires de vie façonnées par l’interaction, le mouvement et l’interprétation de l’Homme.

Pour explorer ces biographies, le projet utilise des approches numériques qui relient les informations sur les objets – y compris les propriétés matérielles, les origines, les contextes archéologiques, les collectionneurs, les archives des musées et les expositions – en un réseau structuré de connaissances. Cela permet de voir les relations entre les objets, les personnes, les lieux et les événements qui sont autrement difficiles à détecter.

L’un des objectifs est de rendre ces histoires plus accessibles au-delà de la recherche académique. Le projet vise donc à développer un prototype d’interface numérique permettant aux utilisateurs d’explorer les biographies des objets de manière interactive. Grâce à des cartes, des lignes de temps et des visualisations de réseaux, les visiteurs peuvent suivre les trajectoires d’artefacts individuels et découvrir comment ils relient différents moments historiques et espaces géographiques. Au lieu de présenter les objets comme des entrées de catalogue isolées, cette approche met en évidence leurs relations et leurs transformations. Elle invite les utilisateurs à considérer le patrimoine culturel comme quelque chose de dynamique, façonné par le mouvement, la rencontre et la réinterprétation.

Pour le musée, cela ouvre de nouvelles possibilités de documentation et d’interprétation. Pour la recherche, il offre des moyens novateurs d’étudier la culture matérielle au moyen de méthodes numériques. Et pour les débats plus larges sur les sciences humaines, cela démontre comment les outils numériques peuvent soutenir des formes de narration plus connectées et plus transparentes.

Biographie

Judit Garzón Rodríguez est une égyptologue qui travaille à l’intersection de l’archéologie, de l’histoire sociale et culturelle, des approches cognitives et des humanités numériques. Elle a obtenu son doctorat en égyptologie à l’université Johannes Gutenberg de Mayence en 2023. Ses recherches portent sur les dimensions sociales et culturelles de l’Égypte ancienne, avec une attention particulière pour la religion quotidienne, la culture matérielle, les biographies d’objets et les processus de création de sens à travers les objets, les textes et les images.

Elle s’intéresse particulièrement à la manière dont les identités, les croyances et les pratiques sociales sont construites et négociées, ainsi qu’à la manière dont les cadres scientifiques modernes façonnent les interprétations des preuves anciennes.

Elle a mené des recherches et des travaux sur le terrain en Égypte, en Espagne et en Grèce, et a effectué des séjours de recherche et occupé des postes universitaires en Europe, au Moyen-Orient et en Asie de l’Est. Jusqu’en septembre 2026, elle est Visiting Professor à la Northeast Normal University (Chine) et coordinatrice scientifique du HERMES Data Competence Centre du Leibniz Institute of European History de Mayence.

Judit Garzon Rodriguez est une résidente FIAS 2026-2027.
Le FIAS fellowship Programme est soutenu par le programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 de l’Union européenne dans le cadre du contrat Marie Skłodowska-Curie n°101217263.

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Appels à candidature

Les résidences de recherche que propose l’Iméra, Institut d’études avancées (IEA) d’Aix Marseille Université, s’adressent aux chercheurs confirmés – académiques, scientifiques et/ou artistes. Ces résidences de recherche sont distribuées sur quatre programmes (« Arts & sciences : savoirs indisciplinés », « Explorations interdisciplinaires », « Méditerranée » et « Utopies nécessaires »).