Yilmaz Levent
Projet de recherche
Politikon. Une histoire de la sociabilité
Résumé du projet
L’enjeu principal de cette recherche est de comprendre la formation des idées européennes sur la sociabilité de l’homme et l’origine des sociétés humaines. La question de savoir comment, dans le passé, les humains ont formé le phénomène appelé société s’accompagne d’une question parallèle sur la nature de l’homme, telles qu’elles ont été posées par les philosophes politiques postérieurs à la Renaissance. À partir de 1500, une spéculation fictive (la liberté primordiale de l’homme comme source de terreur et obstacle à la formation de la société, mais aussi comme source principale de l’idée de contrat social et de la création de l’État) va constituer la base de la politique moderne. Cette fiction n’est ni biblique, ni aristotélicienne : elle provient très probablement de la lecture du livre V de Lucrèce et des premières phrases du Corpus iuris civilis d’Ulpien dans lesquelles il définit le droit naturel. Vico traite essentiellement de ce problème, afin de critiquer Hobbes et grâce à ces critiques et à la réinterprétation de l’idée de « contrat » et de « droits », une nouvelle culture politique s’épanouira en Europe.
Autres séjours à l’Imera
CHERCHEUR PRINCIPAL 2019-2021 — Senior Fellow
L’écriture et l’épistémologie des sciences humaines et sociales, l’interdisciplinarité et le comparatisme à l’échelle globale
L’écriture des Sciences humaines et sociales (SHS) ont beaucoup appris des tournants de ces dernières décennies : elles se sont enrichies incroyablement de ces débats sur son épistémologie et sa réflexivité ; ainsi, on pourra inventer à l’Iméra une équipe de travail de « méthode de recherche interdisciplinaire et comparatiste » qui prendra en considération toute la richesse et la misère de l’expérience des SHS. Dans ce projet scientifique d’au-moins trois ans, on pourra revoir les bases ontologiques et épistémologiques de l’écriture scientifique (histoire, anthropologie, sociologie, droit, économie etc.) et dresser un travail d’ensemble ; cela sera un projet fidèle aux aspirations scientifiques de l’Iméra.
Les équipes venues du monde entier, y pourront travailler avec les chercheurs de l’AMU et de l’EHESS ensemble à « une recherche interdisciplinaire et comparatiste des problèmes et non pas de doctrines : un questionnement interdisciplinaire se faisant, et tissant sans cesse, à partir de l’empilement des questionnements déjà formulés, les conditions de possibilité d’une interrogation nouvelle ». Notre objet d’étude est et sera exactement de repenser l’écriture-même des sciences humaines et sociales.