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Sacher William

Disciplines : Durabilitéécologie politiqueéconomie écologiqueéconomie politiqueétudes interdisciplinairesGéographieGéographie humainethermodynamique
Poste et institution de provenance : Professeur associé de l’université Andina Simón Bolívar à Quito, Équateur
Type de résidence : Résidence annuelle de recherche
Chaire : Chaire IRD / Iméra – Développement durable
Programme de recherche : Utopies nécessaires
Période de résidence : Janvier – Juillet 2024
Présentation vidéo de William Sacher
Plus d’informations sur la chaire IRD / Iméra
L’événement organisé par William au cours de sa résidence
Actuellement en résidence à l'Iméra

Projet de recherche

Outils inter/transdisciplinaires d’évaluation de la durabilité des activités minières à grande échelle dans le contexte des sud

Résumé du projet

Le projet de recherche de William Sacher à l’Iméra, Institut d’études avancées d’Aix-Marseille Université, vise à établir une connexion innovante entre les concepts et les méthodes de l’économie de l’environnement, de l’économie écologique et des géosciences. L’objectif principal du projet est de développer de nouveaux indicateurs et outils interdisciplinaires pour évaluer la « durabilité » de l’exploitation minière à grande échelle dans le Sud Global. L’exploitation minière à grande échelle dans le Sud Global peut être à la fois un moteur de croissance économique grâce aux revenus fiscaux et une source de graves impacts sur les socio-écosystèmes ainsi que de conflits sociaux. Cette recherche s’articule avec trois défis clés liés aux Objectifs de développement durable des Nations Unies (ODD) : améliorer les conditions de vie et réduire la vulnérabilité des populations touchées, préserver l’intégrité des écosystèmes et assurer une gestion durable des ressources minérales pour soutenir la transition écologique. L’exploitation minière à grande échelle dans le Sud Global peut être à la fois un moteur de croissance économique grâce aux revenus fiscaux et une source de graves impacts sur les socio-écosystèmes et de conflits sociaux.

Analyse des Cas de l’Équateur et du Maroc

Le projet de recherche se concentrera sur une méthode mixte (quantitative et qualitative) d’évaluation intégrée des activités minières en utilisant les études de cas de l’Équateur et du Maroc. Dans un premier temps, le projet prévoit de développer des métriques monétaires pour évaluer la durabilité des activités minières. Cela implique la réalisation d’analyses coûts-bénéfices étendues, qui tiennent compte des coûts, des dépenses et des pertes environnementales et socio-économiques encourus par les États. De plus, le projet explorera des calculs énergétiques qui intègrent la thermodynamique et l’économie. Dans un second temps, des outils d’évaluation qualitative seront développés pour prendre en compte les dimensions politiques et socio-culturelles, guidées par la recherche de justice environnementale. Cela implique une reconnaissance explicite des rapports de forces historiques et actuels dans le Sud Global, la violence physique et symbolique subie par les communautés rurales, autochtones et les populations des pays touchés, ainsi que la possibilité de co-construire des solutions justes et durables.

Les défis de l’exploitation minière à grande échelle dans le « Sud Global« 

Les activités minières, notamment l’exploration, l’extraction, le raffinage et le recyclage, sont essentielles à la vie moderne mais représentent une menace croissante pour les socio-écosystèmes à diverses échelles spatiales et temporelles. De nombreux ODD des Nations Unies, tels que la réduction de la pauvreté, l’éducation de qualité et l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, dépendent d’un approvisionnement durable en métaux et minéraux. Paradoxalement, ces mêmes objectifs sont menacés par les conséquences des activités minières, notamment la dégradation de l’environnement, l’augmentation des vulnérabilités et les conflits sociaux. L’exploitation minière à grande échelle peut attirer d’importants investissements étrangers et générer des revenus fiscaux considérables, mais elle peut également entraver le développement macroéconomique, politique et social dans le Sud Global. L’industrie minière est souvent associée à l’autoritarisme, la corruption, les conflits sociaux, les accaparements de terres et diverses formes de violence, compromettant le bien-être et la résilience des populations touchées.

Au-delà des approches disciplinaires de la durabilité

La question de la durabilité de l’exploitation minière a fait l’objet de nombreuses analyses au cours des dernières décennies. Cependant, ces analyses restent souvent limitées à des approches disciplinaires axées uniquement sur les aspects techniques. La standardisation et la comparabilité des évaluations de durabilité sont souhaitables, mais une perspective interdisciplinaire est essentielle pour comprendre les interconnexions et les rétroactions complexes impliquées dans les activités minières. Les interprétations actuelles des difficultés macroéconomiques, de la violence et des violations des droits liées à l’exploitation minière ont tendance à s’appuyer sur des vues positivistes des phénomènes sociaux, mettant l’accent sur les « bonnes pratiques », la responsabilité sociale des entreprises et l’autorégulation des sociétés minières multinationales. Pour véritablement relever les défis posés par l’exploitation minière à grande échelle dans le Sud Global et s’aligner sur les ODD, une approche globale plus complexe, intégrée et transformative est nécessaire.

Les contributions potentielles des géosciences, de l’économie de l’environnement et de l’économie écologique

Le projet de recherche de William Sacher propose un dialogue transdisciplinaire entre les géosciences, l’économie de l’environnement et l’économie écologique pour aborder la durabilité de l’exploitation minière à grande échelle. Les géosciences et l’ingénierie contribueront en caractérisant les impacts environnementaux des activités minières, notamment la pollution, les perturbations hydrologiques, les risques naturels et industriels, la déforestation, la perte de biodiversité, la baisse de la productivité agricole, la perte de capture de carbone et les émissions de gaz à effet de serre. D’autre part, l’économie de l’environnement, avec ses analyses coûts-bénéfices, fournira une approche monétaire pour évaluer la répartition inégale des richesses extraites. L’économie écologique, avec sa vision holistique du système économique en tant que sous-système de la nature, facilitera la prise en compte des échanges non monétaires et des impacts sur la nature, et favorisera une distribution plus équitable des bénéfices des activités minières. Une approche territoriale sera également envisagée, permettant d’analyser les appropriations historiques, physiques, symboliques et émotionnelles de l’espace, ainsi que les conflits découlant des activités minières.

Biographie

William Sacher est un enseignant-chercheur interdisciplinaire, trilingue et tourné vers l’international. Il est titulaire de deux doctorats, l’un en géosciences et l’autre en économie du développement. Actuellement, il est professeur associé à l’université Andina Simón Bolívar à Quito, en Équateur, où il réside depuis plus d’une décennie. Il possède une solide expérience de recherche dans le domaine de l’économie politique des ressources naturelles et des impacts sociaux et environnementaux associés aux activités minières à grande échelle.

Au cours des 15 dernières années, William a adopté une approche interdisciplinaire pour étudier les questions liées à l’exploitation minière dans diverses régions, notamment en Amérique du Nord, en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Afrique, acquérant ainsi une précieuse expérience sur le terrain. Dans ses travaux antérieurs, il s’est notamment intéressé au rôle des bourses canadiennes dans le financement des projets miniers internationaux.

Plus récemment, les recherches de William ont porté sur les investissements miniers chinois dans la région andine. Il s’est également impliqué activement dans le développement d’outils d’évaluation alternatifs des activités minières à grande échelle. De plus, ses recherches théoriques explorent les liens transdisciplinaires entre la thermodynamique et l’analyse économique de la rareté, des possibilités de recyclage et de l’exploitation durable des ressources naturelles.

Les diverses poursuites académiques de William Sacher et ses expériences internationales font de lui un contributeur précieux dans le domaine de la recherche sur les pratiques minières durables et leurs implications tant sur les aspects sociaux qu’environnementaux.

Appels à candidature

Les résidences de recherche que propose l’Iméra, Institut d’études avancées (IEA) d’Aix-Marseille Université, s’adressent aux chercheurs confirmés – académiques, scientifiques et/ou artistes. Ces résidences de recherche sont distribuées sur quatre programmes (« Arts & sciences : savoirs indisciplinés », « Explorations interdisciplinaires », « Méditerranée » et « Utopies nécessaires »).