Makhlouf Obermeyer Carla
Projet de recherche
Défis et décalages de la santé publique dans les pays arabes: synthèse critique des recherches en sciences sociales
Résumé du projet
Comme dans d’autres régions du monde, on assiste dans les pays arabes à une augmentation des maladies non-transmissibles dûes en partie à des facteurs de comportements liés à l’alimentation et au style de vie. Ces facteurs étant ancrés dans des contextes sociaux particuliers, des approches purement techniques sont souvent insuffisantes pour la prévention et le traitement de ces maladies, et l’on observe parfois des discordances entre les perspectives des clients et celles des professionnels de la santé. Le projet propose d’examiner ces décalages dans les comportements qui influent sur la santé, dans les connaissances et perceptions des problèmes de santé, et dans les échanges entre clients et professionnels. Ceci sera fait à travers des synthèses de la littérature qui utilisent les approches mixtes des sciences de la santé et des sciences sociales. Ces synthèses seront préparées sur des thèmes précis pertinents au monde arabe, pour révéler les décalages ou les convergences, identifier les facteurs qui y sont associés et suggérer des pistes pour mieux cibler les problèmes et améliorer les services.
Autres séjours à l’Imera
CHERCHEUR PRINCIPAL 2019-2021 — Senior Fellow
A l’interface entre Santé Publique et Anthropologie Médicale: Regards croisés sur des concepts-clé
Les Seniors Fellows sont recrutés sur projet parmi les anciens résidents de l’Iméra pour des résidence d’une durée de 3 ans.*
L’anthropologie médicale et la santé publique partagent des questionnements sur les facteurs qui influencent la santé, mais les concepts qui sous-tendent ces problématiques communes prennent des significations différentes selon la discipline et par conséquent, ils peuvent susciter à la fois des confrontations et des échanges fructueux.
Le groupe de recherche AnthroMed a initié un projet à l’interface des deux disciplines, focalisé sur une série de concepts-clé. Ces concepts viennent des sciences sociales et sont utilisés en santé publique pour se référer à la dimension culturelle des phénomènes de santé, mais les anthropologues trouvent parfois qu’ils servent à simplifier excessivement des réalités complexes, alors que les chercheurs en santé publique pensent que les recherches anthropologiques ne sont pas toujours pertinentes pour les programmes et politiques. Le but du projet est de déconstruire ces concepts-clé à la lumière des recherches sur le terrain, de mettre en lumière les décalages dans leurs usages et de jeter des ponts entre les deux disciplines pour une meilleure compréhension du contexte social de la santé.
Plusieurs thèmes ont été sélectionnés pour le projet, chacun étant lié à un faisceau de concepts:
L’équipe fera, dans un premier temps, un état des lieux sur les thèmes sélectionnés, pour mettre au clair les concepts qui seront discutés durant les séminaires ainsi que les chevauchements entre eux. Des séminaires seront ensuite organisés avec des intervenants issus des sciences de la santé, de l’anthropologie et de la sociologie médicale, ainsi que des acteurs de terrain ayant développé des programmes opérationnels centrés sur les thèmes abordés. Les discussions pourraient contribuer d’une part, à affiner les approches utilisées pour mesurer et analyser les dimensions sociales de la santé, et d’autre part, à améliorer la manière dont les services et programmes de santé sont conçus et exécutés.
Le projet est coordonné par Carla Makhlouf Obermeyer de l’Université Américaine de Beyrouth qui a occupé la Chaire IRD de l’Iméra en 2017-18. Le groupe comprend des chercheures basées à Aix-Marseille Université, l’IRD, l’Université de Montpellier et l’Université Paris-Descartes, comme suit: Alice Desclaux, Aline Sarradon-Eck, Sandrine Musso, Carine Baxerres, Pascale Hancart-Petitet.
Les produits envisagés incluent un article collectif en anglais dans une revue à comité de lecture, un volume qui résumerait les principaux résultats et recommandations, ainsi que des activités pédagogiques (séminaire ouverts aux masterants avancés et aux doctorants). Une diffusion vers des publics plus larges par le biais de webinars pourrait aussi être envisagée.
*Qui sont les Seniors Fellows ?
Depuis février 2019, l’Iméra expérimente une nouvelle forme de résidence. Afin de renforcer l’impact local des résidences dans des domaines de recherche à fort potentiel d’innovation et aux contenus interdisciplinaires forts, l’Iméra accueille des résidences individuelles pluriannuelles, portées par desSenior Fellows. Les Seniors Fellows sont recrutés sur projet parmi les anciens résidents de l’Iméra. Les projets doivent non seulement porter sur des thèmes stratégiques comme indiqué ci-dessus mais aussi impliquer explicitement des chercheurs du site d’Aix-Marseille, et notamment d’Aix-Marseille Université. Ce faisant, l’Iméra renforce sa fonction d’incubation de projets de recherche interdisciplinaires innovants, et donne à son caractère UBIAS (University-Based Institute for Advanced Study) un contenu constructif concret.
Les résidences Senior Fellows portent sur une durée de 3 ans à raison de 5 mois par an. Les recrutements se font au fil de l’eau selon les moyens disponibles à l’Institut et les priorités scientifiques identifiées par le collège des directeurs de programme et du directeur de l’Iméra.