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Whitmore Aleysia

Poste et institution de provenance : Professeur adjoint d'ethnomusicologie, Université de Denver
Type de résidence : Résidence de recherche
Période de résidence : 10 septembre 2018 – 12 juillet 2019 ; bourse EURIAS

Projet de recherche

Politique culturelle et musiques du monde en France : Négocier la différence et la nation

Résumé du projet

Depuis le milieu du 20e siècle, les musiques du monde1 ont prospéré en France, bénéficiant d’un soutien important de la part du gouvernement et de fans enthousiastes. Dans le même temps, alors qu’un nombre croissant d’immigrés se sont installés en France, la nation s’est efforcée d’accueillir des peuples divers qui sont souvent marginalisés géographiquement (dans des quartiers particuliers) et politiquement (par exemple, les lois sur la tenue vestimentaire). Les gouvernements nationaux et locaux ont dû repenser la façon de promouvoir les valeurs fondamentales de la nation française, telles que l’égalité et la laïcité, dans des contextes culturels de plus en plus diversifiés. Dans ce projet, j’étudie cette tension en examinant comment et pourquoi les bailleurs de fonds publics et le public ont adopté les musiques du monde, alors que la rhétorique de plus en plus chargée (et souvent racialisée) concernant les immigrés, la diversité culturelle et l’intégration se fait de plus en plus bruyante. Ce projet ethnographique s’appuiera sur les domaines de la politique culturelle, de la politique publique, de la sociologie, de l’anthropologie et de l’ethnomusicologie pour examiner : (1) comment et pourquoi les organismes de financement soutiennent les musiques du monde ; (2) comment ce soutien a un impact sur les projets musicaux ; et (3) comment les idées sur la nation, la diversité et le multiculturalisme circulent à travers ces projets. Les organismes gouvernementaux français ont longtemps justifié le soutien de l’État aux musiques populaires et classiques françaises en faisant valoir que ces musiques contribuaient aux valeurs nationales démocratiques et égalitaires fondamentales. Les discours entourant le soutien de l’État aux musiques du monde, cependant, n’ont pas été examinés. Mes recherches préliminaires m’ont permis de constater que les acteurs gouvernementaux justifient leur soutien aux musiques du monde en combinant des idées existantes sur la valeur des musiques occidentales dans la société française avec des idées émergentes sur les musiques, les cultures et les politiques dynamiques (et de plus en plus diversifiées) de la France contemporaine. Ce projet explorera la façon dont les organismes de financement, les musiciens, les professionnels de l’industrie et le public développent et vivent les projets de musiques du monde en associant les discours existants sur la place de la musique en France à de nouvelles idées sur la diversité culturelle, la culture française et les musiques du monde dans une nation de plus en plus diversifiée. En examinant la façon dont la création artistique, la politique et la culture s’entrecroisent à travers des lentilles disciplinaires multiples, j’espère développer une vision de la politique culturelle qui sera plus largement utile aux professionnels de la musique et de la politique dans des contextes culturellement diversifiés.

1 Ces termes sont contestés. Ils sont tous deux utilisés pour désigner des étiquettes de marketing et des catégories de genre, mais beaucoup ne sont pas d’accord sur leur signification et leur utilité, et, dans le contexte français, beaucoup font la distinction entre les termes anglophone et francophone. Ce sont des questions que j’aborderai en détail dans mon projet. Dans cette proposition, cependant, j’utilise le terme « musiques du monde » pour faire référence aux musiques traditionnelles et populaires d’origine non française – principalement africaine, américaine et asiatique – en France.

Appels à candidature

Les résidences de recherche que propose l’Iméra, Institut d’études avancées (IEA) d’Aix Marseille Université, s’adressent aux chercheurs confirmés – académiques, scientifiques et/ou artistes. Ces résidences de recherche sont distribuées sur quatre programmes (« Arts & sciences : savoirs indisciplinés », « Explorations interdisciplinaires », « Méditerranée » et « Utopies nécessaires »).