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Kuperty-Tsur Nadine

Poste et institution de provenance : Professeur au département de français, Université de Tel Aviv, Israël — partenariat avec le Conseil départemental des Bouches du Rhône
Type de résidence : Résidence de recherche
Période de résidence : 22 février – 13 juillet 2016 – en

Projet de recherche

La pensée politique dans la France des débuts de la modernité aux 16e et 17e siècles.

Résumé du projet

La Renaissance a vu un nombre croissant d’auteurs utiliser une variété de genres littéraires pour exprimer de nouvelles visions politiques. Ces auteurs se distinguaient par le fait qu’ils étaient associés à des positions de pouvoir, en tant que chanceliers, parlementaires et surtout secrétaires d’État ministres. Leurs écrits sont devenus les témoins d’une pensée politique émergente. Au carrefour de la praxis et de la théorie, les auteurs, en tant qu' »initiés » politiques, critiquent le système politique, tout en suggérant des améliorations, voire des réformes, fondées sur une éthique nouvellement acquise de l’humanisme.

En France, l’arrivée de la dynastie des Valois avec François Ier, la fragilité du pouvoir sous chacun des fils de Catherine de Médicis et trente ans de guerres de religion avaient conduit à la nécessité d’un arbitrage. La nouvelle génération d’administrateurs de l’État avait été formée dans les meilleures écoles de droit d’Europe. Partisans du mouvement humaniste, ils étaient convaincus que les intérêts de l’État ne pouvaient plus être déterminés par les ambitions personnelles d’une poignée de familles, voire d’une dynastie dont la politique faisait l’objet de vives critiques. Au-delà du clivage religieux et souvent en raison des troubles résultant des guerres de religion, les réflexions politiques sur l’organisation du pouvoir, les méthodes de contrôle et de régulation des dépenses de l’État et les décisions prises par la famille royale en matière de diplomatie et de guerre ont fait leur chemin dans de nombreux textes. En favorisant ces réflexions sur le système politique, les crises religieuses et politiques ont déterminé la naissance de la nouvelle conscience politique européenne au seuil de la modernité. Mais ces bouleversements politiques et religieux sont en fait les conséquences d’un changement plus profond, celui de la compréhension du monde par une nouvelle élite, issue à l’origine de la bourgeoisie, à laquelle se rattachent les auteurs qui font l’objet de la recherche proposée. L’exercice de leurs fonctions définissait leur statut et leur identité, mais aussi l’autorité de leurs écrits. Ils se trouvaient souvent dans des situations conflictuelles car ils devaient contrôler les finances et appliquer les lois de l’État, ce qui était mis en péril par les exigences de la noblesse et de divers partis.

Sur la base de ces pistes d’investigation, cette étude propose d’analyser systématiquement les écrits politiques de la Renaissance française, en se concentrant sur les discours, les pamphlets, les traités et les mémoires comme formes dominantes d’écrits exprimant des idées politiques. En tant que telle, la recherche devrait permettre de comprendre à la fois la nature et le contenu de la pensée politique de la Renaissance, en montrant qu’elle s’appuie sur la capacité croissante des gens à concevoir le monde à travers des notions abstraites et que la nouvelle pensée politique dérivant de cette capacité peut s’exprimer dans divers genres en utilisant différents modes – allant des traités politiques sérieux aux pamphlets satiriques.

Appels à candidature

Les résidences de recherche que propose l’Iméra, Institut d’études avancées (IEA) d’Aix Marseille Université, s’adressent aux chercheurs confirmés – académiques, scientifiques et/ou artistes. Ces résidences de recherche sont distribuées sur quatre programmes (« Arts & sciences : savoirs indisciplinés », « Explorations interdisciplinaires », « Méditerranée » et « Utopies nécessaires »).