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Gresham-Lancaster Scot

Poste et institution de provenance : Artiste, compositeur, spécialiste en technologie des médias (California Sate University), musique/audio dans les nouveaux médias — résidence en partenariat avec le Conseil départemental des Bouches du Rhône
Type de résidence : Résidence de recherche
Période de résidence : 15 septembre – 15 décembre 2011

Projet de recherche

L’espace entre le son des flux et des noeuds.

Résumé du projet

Imagine que des chercheurs surveillent des expériences en cours ou des systèmes de recherche constitués de quantités extrêmement importantes de données, et qu’ils écoutent la musique de leur choix qui est modulée de façon perceptible par les informations en temps réel qui circulent dans ce réseau donné. Cette recherche serait axée sur la création et l’essai d’un moteur de production sonore généralisé capable de prendre des flux de données provenant d’un réseau complexe et de restituer une musique familière choisie par l’utilisateur et correspondant à ses habitudes d’écoute stylistiques, culturelles et personnelles. Le résultat serait une capacité à générer un rendu auditif de ces flux continus qui tire parti de la perception auditive, de la mémoire culturelle, de la réaction autonome, tout en étant perceptivement modifié par l’ajout intégré de changements et d’ajouts à l’enregistrement qui sont liés directement aux données changeantes dans le temps ; le flux du réseau qui est examiné. Cela permet à l’expérience auditive d’être modelée par l’utilisateur pour compenser l’humeur, les goûts individuels et les préjugés culturels. Le travail consistera à créer et à tester un ensemble utilitaire d’outils dynamiques qui peuvent prendre les entrées d’un ensemble donné de nœuds dans un réseau de données et les mettre en correspondance avec la version d’une musique ou d’un environnement sonore que l’utilisateur choisit pour créer une sortie sonore qui a le caractère de cet enregistrement, avec des voix instrumentales qui sont réactives aux données ajoutées et des caractéristiques sonores reconnues perturbées par d’autres flux d’informations. De cette façon, le participant peut surveiller l’état d’un réseau complexe dans un confort culturel et stylistique relatif, tout en ayant accès à la nuance et à la subtilité qui sont uniquement disponibles pour les humains par le biais de la perception du temps en relation avec les 10 octaves de la perception auditive humaine. Les frontières entre le style et la culture, entre la « musique » et le bruit sont vagues, dynamiques et dépendent des préférences de l’auditeur, de son histoire et de son humeur du moment. Les travaux novateurs de Jacques Bertin sur une base perceptive pour la représentation visuelle des données ont exclu la notation musicale, le langage et les mathématiques, parce que ces systèmes étaient « liés à la linéarité temporelle ». Ces outils seraient plus généralement utilisables comme moyen d’investigation pour les données de nature temporelle, et utilisent les changements de flux du réseau arbitraire pour perturber ce contexte auditif familier ; une chanson préférée, un quatuor à cordes, un raga particulier, etc. La technique pour y parvenir dépend de l’analyse spectrale avec l’extraction des caractéristiques audio et la création d’instruments qui utilisent les caractéristiques de la physique des instruments virtuels et la manipulation spectrale dans le domaine temporel pour reproduire des sons qui, lorsqu’ils sont perturbés ou modifiés par des changements dans le flux de données, peuvent instantanément générer des changements subtils clairement perceptibles dans le timbre et la résonance, en particulier dans les chansons et les styles de musique familiers. De même, les changements et les variations du « beat » ou de la structure rythmique de cette musique ou de cet environnement sonore peuvent être discernés s’ils sont légèrement ralentis, accélérés, ou si la distance entre les battements est même subtilement déplacée. La « sensation » d’une musique donnée peut être perçue de manière perceptive, en particulier si la chanson ou même le style est familier et que les attentes culturelles sont en place. Ce modèle généralisé offre un nouvel outil aux scientifiques, ingénieurs et autres pour mieux utiliser un autre sens, l’ouïe, afin d’examiner et d’étudier de grands réseaux complexes et même des systèmes de réseaux dans le contexte unique de la perception du temps propre à l’écoute de la musique et des environnements sonores.

Appels à candidature

Les résidences de recherche que propose l’Iméra, Institut d’études avancées (IEA) d’Aix Marseille Université, s’adressent aux chercheurs confirmés – académiques, scientifiques et/ou artistes. Ces résidences de recherche sont distribuées sur quatre programmes (« Arts & sciences : savoirs indisciplinés », « Explorations interdisciplinaires », « Méditerranée » et « Utopies nécessaires »).