Giuseppe De Arcangelis, titulaire de la chaire AMSE/Iméra – Un monde en crise 2025-2026, organise un séminaire à huis clos sur la diplomatie vaccinale et la mise en perspective de l’expérience de la COVID-19 dans un cadre interdisciplinaire.

vaccine diplomacy de arcangelis

Crédit photo : Hakan Nural sur Unsplash

La diplomatie vaccinale renforce une tendance à la fragmentation géopolitique.

L’étude empirique menée par Giuseppe De Arcangelis examine si les accords d’achat anticipé (APA) de vaccins contre la COVID-19, signés entre fin 2020 et mi-2021, ont modifié l’alignement géopolitique des pays bénéficiaires.

L’ensemble de données recense plus de 220 accords d’achat de vaccins (APA) confirmés, impliquant 19 fabricants de vaccins et 77 entités acheteuses, les attributions par pays d’origine ayant été ajustées pour tenir compte des accords de production sous licence. Les entreprises américaines et britanniques ont capté le plus grand volume de doses de vaccins, tandis que les fabricants chinois et russes ont fourni des quantités plus modestes à un ensemble d’acheteurs plus large et géographiquement plus dispersé. Bien que la Chine et la Russie aient représenté environ un tiers du nombre total d’accords, elles ont fourni moins d’un dixième des doses de vaccins. Cette tendance suggère que leur diplomatie vaccinale a opéré à grande échelle, en permettant l’accès aux pays qui ont reçu moins de livraisons occidentales.

L’analyse montre également que la diplomatie vaccinale a renforcé une tendance existante à la fragmentation géopolitique. Au début de la pandémie, les pays occidentaux à revenu élevé se sont livrés à une course pour s’assurer des quantités plusieurs fois supérieures aux besoins de leur population, tandis que les fournisseurs chinois et russes se sont tournés vers un éventail plus diversifié de partenaires. Ces modèles d’allocation divergents ont accentué les différences au sein de l’ordre international plutôt que d’unifier les réponses mondiales.

L’étude met en avant la diplomatie vaccinale comme un nouveau canal d’influence géoéconomique. En traitant l’accès aux fournitures sanitaires essentielles comme un levier, les fournisseurs de vaccins pouvaient modifier la structure des gains des États bénéficiaires et influencer leur alignement international. Les résultats soulignent l’importance d’examiner les interventions sanitaires non seulement pour leur impact médical, mais aussi pour leurs conséquences politico-internationales.

L’expérience de la COVID-19 dans un cadre interdisciplinaire

L’activité intense de la Chine et de la Russie dans la signature d’accords d’achat anticipé de vaccins (APAs) contre la COVID-19 a donc soulevé la question de savoir s’il s’agissait là d’un moyen d’étendre leur influence par le biais d’une sorte de « diplomatie vaccinale ». De leur côté, les pays occidentaux se sont empressés de s’assurer des stocks représentant plusieurs fois les besoins de leur population. Ces faits ont des implications pour les futures urgences sanitaires. Lorsque les produits médicaux, dont l’offre est limitée, sont pris dans les enjeux de la concurrence géopolitique, les décisions en matière d’aide et d’approvisionnement peuvent devenir des instruments d’influence plutôt que de simples mesures de santé publique.

Ce séminaire à huis clos permet la rencontre d’économistes, d’historiens, d’immunologues et de politologues afin qu’ils puissent discuter de ces résultats et partager leurs points de vues disciplinaires.

Programme

Ce programme est préliminaire. Il peut être amené à évoluer d’ici au 12 juin 2026.

  • 10h-10h15 : accueil café
  • 10h15-10h30 : présentation des participants et participantes
  • 10h30-11h30 : Geopolitics via Vaccine Diplomacy: Some Evidence from COVID-19 par Giuseppe De Arcangelis et Alessia Lo Turco.
  • 11h30-11h45 : pause café
  • 11h45-12h : Discussion, débat et échanges de points de vues.
  • 12h-12h30 : A historical perspective on pandemics and their geopolitical consequences par Thomas Glesener.
  • 12h30-14h : pause déjeuner
  • 14h-14h30 : Vaccine and public health and geopolitics par Benoît Pouget.
  • 14h30-15h : Vaccine types, their efficacy and technological challenges par Xavier de Lamballerie (to be confirmed)
  • 15h-15h45 : The economist point of view on vaccine diplomacy during the COVID19 pandemic par Fabio Mariani.
  • 15h45-16h : pause café
  • 16h-16h45 : Discussions.
  • 16h45-17h : Conclusions et perspectives d’avenir.

Biographies des participants et participantes

Giuseppe De Arcangelis est professeur d’économie internationale à l’Université Sapienza de Rome, au sein du département des sciences sociales et de l’économie, et titulaire de la chaire Iméra/AMSE « Un monde en crise » pour la période 2025-2026.

Thomas Glesener est maître de conférences en histoire contemporaine à Aix Marseille Université et membre du laboratoire TELEMMe. Il est actuellement en congé-recherche à l’Iméra au sein du programme Méditerranée.

Alessia Lo Turco est professeure d’économie à l’Università Politecnica delle Marche, au sein du département d’économie et de sciences sociales. Ses domaines de recherche sont : le commerce international, les investissements directs étrangers et les migrations.

Fabio Mariani est professeur d’économie à l’Université catholique de Louvain et membre de l’IRES/LIDAM. Ses principaux domaines de recherche sont : la croissance et le développement économiques, l’économie de la famille et les migrations internationales.

Benoît Pouget est maître de conférences en histoire contemporaine à Sciences Po Aix. Il est également membre associé de la faculté d’histoire de l’université d’Oxford (OCHSMT), chercheur associé à la Maison française d’Oxford, et chercheur associé au Centre de la Méditerranée moderne et contemporaine (Université Côte d’Azur).

Xavier de Lamballerie est responsable Inserm du Centre national de référence pour les arbovirus et membre de l’UMR Unité des virus émergents.

Informations pratiques

Venir à l’Iméra